J’ai pour vous un respect profond, presque sacré, qui dépasse l’entendement humain. S’il vous plaît, mes chères dames, regardez un instant dans le rétroviseur de votre histoire commune. Inspirez-vous de ce passé glorieux, intouchable, pour bâtir un présent solide et un avenir lumineux, jamais vu auparavant.

Honnêtement, en vous voyant aujourd’hui, divisées en clans comme des partis politiques en quête de pouvoir, mon cœur saigne. Car ce que je perçois, c’est un corps déchiré, morcelé. Au-delà de votre statut de consœurs, vous êtes avant tout mes sœurs, des femmes que j’aime et que je respecte profondément. Rester silencieux face à votre division serait pour moi une trahison. Ce serait contribuer, même volontairement, à l’effritement de notre grande famille. Parce que, oui, vous m’avez aimé comme un frère, un vrai.

Tante Kadiatou Traore, tante Mamy Hebelamou, ma sœur Fatoumata Matisa Soumah, je m’incline humblement devant vous pour vous demander de vous pardonner mutuellement, de vous tendre la main, pour l’honneur de vos nobles familles respectives.

Dans cette vie, aucune personne n’est parfaite. Aucune relation ne l’est. Ni l’amitié, ni même la collaboration. Même la langue et les dents se heurtent parfois, pourtant elles cohabitent toujours dans la même bouche pour le bien de tout le corps. De grâce, faites de même. Ne laissez pas une divergence vous priver de l’essentiel, votre lien.

Le monde est imprévisible, plein de rebondissements. La presse sportive guinéenne, dans son ensemble, rêve de vous voir réunies à nouveau, au sommet, rayonnantes et indétrônables. C’est pourquoi tant de voix s’élèvent aujourd’hui, non pour juger, mais pour espérer vous voir unies, telles les composantes d’un Royaume-Uni de cœurs et d’âmes.

Je vous ai toutes écoutées, individuellement, avec attention et respect. Grâce à Dieu, je peux affirmer sans hésiter, il n’y a ni haine, ni rancune insurmontable entre vous. Et ça, c’est déjà une bénédiction. Célébrons cela en joignant nos mains et nos cœurs.

Je vous en supplie, oublions le passé. Repartons sur des bases nouvelles, solides, sereines pour vous d’abord, mais aussi pour toute la presse guinéenne, particulièrement la presse sportive.

Je compte sur votre sagesse, votre grandeur d’âme, et surtout sur l’amour qui vous a autrefois unies. Que ce trio triomphe à nouveau, plus fort que jamais.

Kadiatou Traoré, Mamy Hebelamou, Fatoumata Matisa Soumah : trois puissances, un seul cœur.

Fodé SOUMAH