Dans le sillage de la semaine nationale de l’indépendance en prélude au 02 octobre, le chapiteau du palais du peuple abrite dépuis ce mercredi 30 septembre 2026, le grand forum jeunesse avenir qui débouchera sur le lancement officiel des activités du PRIME ( programme révélateur de l’identité par la marque et l’excellence. Cette initiative, entend former mille jeunes dans le grand Conakry, dans l’entrepreneuriat, la prise de parole….La cérémonie d’ouverture était présidée par le Premier ministre/ chef du gouvernement accompagné par les ministres secrétaire général et directeur de cabinet de la présidence de la République ainsi que des membres du gouvernement. La rencontre était agrémentée par des panels et autres séquences B2B. L’un de ces panels portant sur  » jeunesse et avenir  » a été animé par des hautes personnalités du pays, parmi elles, docteur Diaka Sidibé ancienne ministre et actuelle ministre conseillère à la présidence de la République chargée de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique et marraine du PRIME.

Dans ses prises de parole, la ministre a d’abord fait savoir que dorénavant le diplôme seul ne suffit pas, il faut lui coller les compétences.

<<Aujourd’hui, à travers l’initiative du président de la République, les départements sectoriels ont reçu des réformes à mettre en œuvre. Ces réformes, c’est vraiment la révision des calculs de formation en Guinée. Raison pour laquelle je persiste et j’insiste là-dessus, nos systèmes sont en mouvement. Et l’accélération aujourd’hui a été donnée parce que le gouvernement est mandaté pour la mise en œuvre du programme Simandou. Vous verrez par exemple à la rentrée 26-27 dans les institutions d’enseignement supérieur que ce sont des nouveaux programmes qui vont débuter. dès cette année. Donc pour moi, le mouvement a commencé et il faut l’accompagnement du secteur privé. Parce qu’il ne s’agit plus de la question simplement du diplôme. Le diplôme, il est très important, ça, personne ne le contestera. Mais nous aurons besoin d’adresser ce diplôme désormais à des compétences. Pas n’importe quelles compétences. À la fin, in fine, qu’est-ce que le jeune sait faire ? Est-ce qu’il sait résoudre un problème ? Est-ce qu’il va innover ? Et ce qu’il va entreprendre. C’est aujourd’hui cette question qui est traitée par la réforme des programmes dans les différents secteurs éducatifs.

Je veux dire également que l’enjeu pour aller vite n’est donc pas de créer de nouvelles écoles ou de construire davantage d’universités. Il faut qu’on s’assure que ce que nous dispensons répond aux besoins de l’économie du futur. Je sais que le ministre Nagnalé ne dira pas le contraire parce que nous avons longtemps travaillé sur cette question d’inadéquation entre la formation et l’emploi, sur la question de compétences alternatives, sur la question du numérique dans la formation qui jusque-là n’était qu’un simple cours, une simple filière. Aujourd’hui la généralisation du numérique par exemple dans nos systèmes permettra aussi de mettre un accent particulier sur la qualité de la formation parce que l’ambition du président de la République est simple, c’est de faire de chaque jeune guinéen non seulement pas un simple diplômé mais un jeune capable de contribuer, d’innover, d’entreprendre et surtout de trouver sa place dans notre économie de demain à l’ère de Simando 2040.>> a t-elle planté le décor

Poursuivant son intervention devant un auditoire public qui lui est foncièrement administratif, docteur Diaka Sidibé a parlé de la politique mise en place pour permettre au marché guinéen de répondre aux besoins ?

<<Je pense que cette question est actuellement traitée au sein du ministère de l’Enseignement supérieur, parce que, comme je le disais tantôt dans mon intervention tout à l’heure, les programmes ont été révisés justement pour revenir sur des parcours d’ingénieurs dans la plupart des instituts spécialisés. Donc aujourd’hui, à la rentrée prochaine, vous avez par exemple de nouveaux diplômes qui vont commencer. Je fais un clin d’œil à madame la ministre de l’enseignement supérieur qui nous a réjoint. Les diplômes universitaires de technologie sont ouverts justement pour pouvoir adresser le problème que vous avez mentionné tout à l’heure pour certains métiers qui demandent plus de professionnalisation que de hautes études ou de hauts diplômes. Par la suite, il y a la question des ingénieurs. Donc de nouvelles filières d’ingénierie ont été adressées également afin de répondre aux besoins du programme Simon 12 sur le moins long terme. Parce qu’un ingénieur, ça ne se forme pas en un an. C’est pratiquement cinq années de parcours. Donc plusieurs offres de formation sont actuellement en cours de finalisation pour la rentrée prochaine, mais ce qui est intéressant aussi, parce que là nous parlons de la jeunesse et à la présence du secteur privé, il faut vraiment une corrélation étroite entre le besoin de formation des entreprises, la réponse donnée par les institutions de formation, que ce soit technique ou supérieure, afin de créer des passerelles entre les sous-secteurs de l’éducation et le secteur privé.
Les efforts ont été consentis en termes de réforme des programmes afin que de nouveaux programmes soient mis en œuvre. Mais de l’autre côté, il faudrait que les entreprises aussi s’investissent dans les stages et les alternances.

Parce que je le disais encore à l’entente de mes propos, que le diplôme certifie un parcours, le nombre d’années de formation. Mais la compétence acquiert. Donc il faut que les entreprises, quelque part, puissent soutenir cette initiative de réforme des programmes au sein des sous-secteurs de l’éducation, d’une part. D’autre part, également, il y a la question de l’entrepreneuriat étudiant. Aujourd’hui, les efforts ont été consentis en termes de réformes afin de créer le statut de l’étudiant entrepreneur. D’ailleurs, qui a été porté en loi, dans la loi d’orientation de la recherche et de l’innovation en Guinée aujourd’hui, le statut est voté par loi. Donc tous ces mécanismes ont été mis en place justement pour vraiment pallier à ce déficit de main-d’oeuvre locale voulue dans le cadre du contenu local, mais aussi d’intensifier la formation. Et je le dis toujours, et même dans mes précédentes fonctions au niveau de l’industrie, au niveau des PME ou encore très récemment à l’enseignement supérieur, qu’il faut que les sous-secteurs se regardent et communiquent d’un même langage. La révision circulaire n’a de finalité objective que si cela s’adresse à un bassin de production. Nous formons pour qui ? Pour quel projet ? Pour quelles compétences à la fin ? Donc je comprends bien ce que le directeur des projets miniers a articulé tout à l’heure par rapport à la recherche de cette main d’oeuvre qualifiée. Et je pense que le rôle aussi aujourd’hui que nous avons auprès du chef de l’État, son Excellence Mamadi Doumbouya c’est de proposer des réformes dans ce sens. Et je vous assure que la plupart de ces réformes sont déjà en cours au sein des sous-secteurs de l’éducation à travers les mégaprojets du Simandou.>> a t-elle insisté

En fin, la ministre , en conclusion a lancé un message à la jeunesse en lui conseillant d’avoir confiance en eux-mêmes mais insistant que celle-ci doit être bâtie sur une compétence.

<<D’avoir confiance en eux-mêmes, mais cette confiance doit être bâtie sur une compétence. Si vous devez vous dire, j’ai la force, je suis jeune, j’ai l’énergie, mettez cette énergie, cette force dans un talent. Le talent, ce n’est pas le diplôme, c’est quelque chose que vous savez faire, quelque chose que vous savez résoudre. Et ça c’est extrêmement important. Avec ou sans diplôme, si vous sortez avec une compétence, vous saisissez plus facilement des opportunités. Mon propre parcours me l’a démontré à plus d’un titre. Je suis passée d’ingénieur, géologue, j’ai connu le terrain, le soleil, les chaînes de montagne. ensuite j’ai connu les salles de classe j’ai connu des labos de recherche avant d’accéder aux plus hautes fonctions de l’état et pendant toute cette fonction je n’ai ni abandonné ce que je savais faire de mieux ni continuer de travailler d’être ingénieur parce que ça je les acquis gelé exercer j’ai des compétences que je saurais revendre ayez confiance en vous mais avec une compétence parce Parce qu’in fine, travaillez pour que votre talent parle pour vous. C’est ce que nous souhaitons pour la jeunesse guinéenne. Confiance en soi, développement personnel, ce sont les thématiques de prime que nous lançons officiellement aujourd’hui. >> a t-elle conclu

À signaler que ce forum débouchera sur la formation de mille jeunes sur l’esprit d’entreprenariat, la prise de parole en public et thématiques non les moindres qui concernent l’épanouissement de la jeunesse en toute liberté.

Par Mohamed Keita pour Lemakona.com