C’était un homme impertinent, toujours sur la brèche, toujours prompte à dénoncer les injustices de ce monde dans ses films. Le grand cinéaste burkinabè Pierre Yaméogo est décédé à Ouagadougou, le lundi 1er avril, à l’âge de 63 ans, des suites d’une longue maladie.
Le cinéma était la raison de vivre de Pierre Yaméogo. Dès ses débuts, en 1987, avec Dunia, le jeune réalisateur, il a 32 ans, dénonce les effets néfastes de traditions rétrogrades et de croyances archaïques.
Du court au long, du documentaire à la fiction, il entend exhorter les peuples africains à se prendre en charge. Ainsi, en 2005, il fait un film sur le thème du viol et de l’inceste et il lui donne pour titre Delwende, « Lève-toi et marche », en moré.
Pierre Yaméogo attirait toujours des oppositions et a eu à maintes reprises affaire avec la censure. En 1998, son film Silmandé, où il dénonçait violemment la mainmise des Libanais sur l’économie africaine, n’est pas sorti en Côte d’Ivoire, en revanche, il a battu tous les records d’entrées au Burkina Faso.
En 2011, Bayiri raconte le drame des Burkinabè chassés de Côte d’Ivoire. Film animé d’une juste colère, il n’est pas présenté au Fespaco, le grand festival panafricain de Ouagadougou, ni diffusé par Canal+ qui l’a pourtant financé. Cinéaste engagé, courageux, plein d’humour, Pierre Yaméogo a cru jusqu’à la fin à la vertu du cinéma pour défendre le droit et faire changer les mentalités.
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