Les travaux de la deuxième édition du Forum international des Secrétariats généraux de gouvernement ont pris fin ce vendredi 16 Octobre. Cette rencontre de haut niveau s’est tenu autour du thème : « L’intelligence artificielle au service de la performance gouvernementale » avec pour toile de fond le programme national Simandou 2040.
Au terme de trois jours de travaux d’éminentes personnalités venus de divers horizons ont echangé sur les acquis, atouts, perspectives et comment utiliser IA.
Cette cérémonie présidée par le ministre secrétaire general du gouvernement, placée sous la haute présidence du Président de la République, Chef de l’État, et sous l’égide de Monsieur le Premier ministre, Amadou Oury Bah, Chef du gouvernement, cette rencontre a réuni 14 pays d’Afrique et d’Europe, représentés par plus d’une cinquantaine de membres de délégations. L’objectif, consolider la coopération entre les secrétaires généraux du gouvernement à travers l’institutionnalisation de leur réseau international. Les travaux ont fait ressortir une convergence essentielle : l’intelligence artificielle constitue un instrument de modernisation des administrations, à condition de demeurer sous contrôle humain, de s’appuyer sur des données fiables et sécurisées, et de répondre aux réalités institutionnelles des États.
Deuxième journée : Construction des instruments et consolidation des recommandations
Cette deuxième journée a été consacrée à la transformation des réflexions en instruments de coopération, en propositions opérationnelles et en mécanismes de mise en œuvre. Elle a notamment été marquée par un panel consacré au partenariat pour un gouvernement ouvert, mettant en perspective les enjeux de transparence, d’accès à l’information publique et de participation des citoyens à l’action gouvernementale.
Les travaux se sont poursuivis à travers quatre ateliers complémentaires :
* Cinquième atelier : finalisation des statuts, mécanismes de gouvernance du réseau et élaboration de sa feuille de route pour la période 2027-2029.
* Sixième atelier : examen du projet de déclaration sur l’intelligence artificielle responsable et éthique, ainsi que de la matrice des cas d’usage prioritaires et des responsabilités humaines.
* Septième atelier : approfondissement des recommandations relatives à la qualité du droit, à la performance normative et à la coopération juridique entre les administrations.
* Huitième atelier : traitement de la modernisation des sites internet des secrétariats généraux du gouvernement et des journaux officiels, notamment à travers la dématérialisation, l’accessibilité des textes, l’authenticité des actes et l’interopérabilité des plateformes numériques.
Les échanges ont souligné la nécessité de disposer d’outils communs de légistique, de renforcer la professionalisation des acteurs du processus normatif et d’améliorer les mécanismes de suivi de l’application des textes. Ils ont également mis en évidence l’importance d’une modernisation progressive des journaux officiels et des systèmes d’information gouvernementaux dans le respect des exigences de sécurité juridique, de transparence et de protection des données. Un rapport détaillé de ces huit ateliers thématiques sera annexé aux actes du présent forum.
Troisième journée : Consolidation institutionnelle et des engagements communs
Cette troisième et dernière journée est consacrée à la consolidation institutionnelle des résultats et à la formalisation des engagements communs. Elle a prévu notamment l’examen des instruments constitutifs du réseau international des secrétaires généraux du gouvernement, la présentation des conclusions des travaux, l’examen de la feuille de route ainsi que les procédures statutaires relatives à la gouvernance du réseau. Cette séquence a également permis de finaliser les déclarations et les autres instruments issus du forum conformément aux décisions des chefs de délégation.
Principaux enseignements des travaux
Au terme des échanges, quatre enseignements majeurs se dégagent :
* L’intelligence artificielle représente une opportunité pour améliorer la continuité de l’État, accélérer le traitement des dossiers, renforcer la qualité des décisions et optimiser le fonctionnement des administrations publiques.
* Son utilisation exige un encadrement juridique, éthique et institutionnel garantissant la protection des données, la traçabilité, la transparence et le maintien de la responsabilité humaine.
* La performance gouvernementale repose également sur la qualité du droit, la modernisation des procédures normatives, l’accessibilité de l’information publique et l’évaluation des résultats.
* La coopération entre les secrétaires généraux du gouvernement constitue un levier de mutualisation des expertises, de partage des bonnes pratiques et de développement de solutions adaptées aux besoins des administrations.
Résultats et instruments institutionnels
Les travaux ont permis de préparer et de consolider plusieurs instruments structurants :
* Les instruments relatifs à l’institutionnalisation du Réseau international des secrétaires généraux du gouvernement (dont ses statuts, sa feuille de route 2027-2029 et la déclaration consacrée à l’intelligence artificielle responsable et éthique).
* La matrice des responsabilités humaines et des cas d’usage prioritaires, qui constitue une contribution opérationnelle à l’encadrement de l’intelligence artificielle dans les administrations publiques.
Les deux déclarations (l’une relative à l’institutionnalisation du réseau et l’autre à l’utilisation responsable et éthique de l’intelligence artificielle) seront jointes en annexe au présent rapport dans leur version définitive. Le statut d’adoption et de signature de ces instruments sera précisé à l’issue de cette dernière journée.
Recommandations générales au regard des conclusions des ateliers, les recommandations générales proposées à la validation du forum s’articulent autour de quatre orientations :
* La poursuite des réflexions sur l’intelligence artificielle, son intégration responsable dans les administrations, la formation des agents publics, la gouvernance des données et la promotion de la souveraineté numérique.
* Le renforcement et l’élargissement du réseau international des secrétaires généraux du gouvernement en encourageant l’ouverture à de nouveaux États, le suivi des recommandations de l’atelier institutionnel numéro 1, la mutualisation des expertises et la mise en place de mécanismes de coopération.
* La modernisation du travail gouvernemental et l’amélioration de la qualité du droit, notamment par le renforcement des méthodes de légistique, des études d’impact, la dématérialisation des journaux officiels, l’interopérabilité des plateformes et le développement d’indicateurs communs de performance.
* La mise en œuvre des orientations relatives à l’intelligence artificielle responsable et éthique, en encourageant leur appropriation par les États membres du réseau et la participation des États non membres dans une dynamique de coopération et de renforcement des capacités institutionnelles.Ces orientations devront s’accompagner de mécanismes de suivi et d’évaluation permettant de mesurer les progrès accomplis et d’assurer la continuité des engagements.
Il faut toutefois souligner que les travaux de cette deuxième édition du Forum international des secrétariats généraux de gouvernement témoignent de la volonté des participants de renforcer leur coopération et de faire de l’innovation technologique un instrument au service de l’efficacité de l’action gouvernementale.
Ils ont permis de rapprocher les approches nationales, d’identifier des priorités communes et de préparer des instruments destinés à structurer durablement la coopération entre les secrétariats généraux du gouvernement. Au-delà des échanges et des engagements, l’enjeu réside ici désormais dans la capacité collective à assurer la mise en œuvre effective des recommandations, dans le respect des spécificités institutionnelles et juridiques de chaque État. La portée de ce forum se mesurera ainsi non seulement à la qualité des réflexions qu’il aura suscitées, mais surtout aux progrès concrets qui pourront en résulter pour la modernisation de nos administrations, la qualité du droit et la performance gouvernementale.
Mohamed Keita



