Jusqu’à quand l’État guinéen restera-t-il passif face au chaos qui règne au sein de la Fédération Guinéenne de Football (FGF) ?

La FGF est aujourd’hui minée par des divisions profondes et une gestion désordonnée. Le comité exécutif est fracturé, avec un président désavoué par la majorité de ses membres (cinq sur huit). Ce même président est également confronté à des déboires judiciaires, accusés de mauvaise gestion par ses collègues, qui présentent des preuves devant l’organe d’éthique de la FGF.
Par ailleurs, les enquêtes ordonnées par le Premier ministre suite à l’élimination honteuse des U17 à Dakar semblent avoir été abandonnées. Pourtant, malgré les financements importants de l’État guinéen, la situation du football national est déplorable. Les équipes nationales sont systématiquement éliminées des grandes compétitions internationales, et le championnat national est quasiment inexistant.
Pour dissuader l’État de s’impliquer, on agite sans cesse la menace d’une suspension par la FIFA en cas d' »ingérence ». Mais cet argument ne tient pas. En réalité, l’État guinéen, qui a agréé la FGF pour accomplir une mission de service public, dispose des prérogatives nécessaires pour intervenir et mettre fin à cette cacophonie.
Des exemples à l’international montrent que l’intervention de l’État est possible sans crainte de représailles. En France, le ministre, des Sports a obtenu la démission de Noël Le Graët, un président influent, sans aucune réaction négative de la FIFA. Au Cameroun, Samuel Eto’o a vu ses prérogatives sur l’équipe nationale réduite par l’État, et la CAF l’a suspendue suite à des problèmes internes. Pourquoi la Guinée ne pourrait-elle pas agir de manière similaire ?
Le football est le sport le plus populaire en Guinée, un véritable levier pour les jeunes sans emploi, qui y voient une opportunité d’intégration et de stabilité. Comment l’État peut-il rester indifférent à cette crise de confiance qui menace de tuer ce sport chez nous ? Il est urgent de reprendre les rêves et d’assainir la gestion de la FGF pour redonner à notre football la place qu’il mérite, au service de tous les Guinéens.
Baidy Aribot



