Les travaux WCAF V ont pris fin dans la soirée de ce mercredi devant membres du gouvernement, partenaires britanniques et amis des pays frères. Au terme de ces deux journées de dialogue, de réflexion stratégique et de rencontres économiques, le moment est venu de prendre la mesure du chemin parcouru, mais surtout de regarder avec lucidité et détermination le chemin qu’il reste à construire ensemble.

C’est dans cette perspective que le ministre Ismaël Nabé a remercié pour le choix de Conakry pour cette cinquième (5ᵉ) édition du Forum sur le Commerce et l’Investissement entre le Royaume-Uni et l’Afrique de l’Ouest et du Centre francophone.

« WCAF V a enregistré la plus forte participation de l’histoire du Forum. Ce succès témoigne de l’intérêt croissant pour notre région, de la confiance accordée à ses perspectives économiques et de la volonté partagée de construire de nouveaux partenariats. Au-delà du nombre de participants, c’est la qualité des échanges, la diversité des acteurs réunis et l’ambition des sujets abordés qui donnent à cette édition toute sa portée ». A souligné M.Nabé

Il a toutefois rappelé ceci  » Je voudrais exprimer notre reconnaissance aux autorités britanniques, à l’agence UK Export Finance, à DMA Invest, aux organisateurs, aux institutions partenaires et à l’ensemble des entreprises qui ont contribué à faire de ce rendez-vous un espace de dialogue et d’opportunités. Notre responsabilité, désormais, est de faire en sorte que cette mobilisation devienne un mouvement de transformation économique »

Aujourd’hui, dit-il le premier enseignement de ces deux journées est clair : l’Afrique ne manque ni de ressources, ni de marchés, ni d’ambition. Elle doit désormais accélérer la transformation de ces atouts en capacités productives, en emplois et en prospérité partagée. La session consacrée à Simandou 2040 a placé cette exigence au cœur de nos échanges : passer de la richesse minière à une économie diversifiée et inclusive. Pour la Guinée, cette ambition est une orientation stratégique pour faire de nos ressources naturelles le point de départ d’une économie plus polyvalente, et non le point d’arrivée de notre développement. A lancé le ministre.

La plénière ministérielle consacrée aux cinq (5)années du partenariat entre le Royaume-Uni et l’Afrique francophone nous a donné l’occasion d’apprécier le chemin parcouru. Elle nous invite surtout à ouvrir une nouvelle étape : celle d’un partenariat plus opérationnel, davantage orienté vers l’exécution et mesuré à l’aune de ses résultats.

La session consacrée aux capacités du secteur privé britannique et africain a, quant à elle, rappelé l’importance de mieux faire correspondre l’offre des entreprises aux besoins réels de nos économies. Le Royaume-Uni dispose d’expertises reconnues dans la finance, l’ingénierie, l’énergie, les infrastructures et les services. Nos pays ont des besoins considérables, des entrepreneurs, des marchés et des perspectives de croissance qui méritent des investissements à la hauteur de leur potentiel. L’enjeu n’est pas simplement de rapprocher des entreprises, mais aussi de faire émerger des partenariats qui créent de la valeur des deux côtés. A réitéré le ministre.

Pour le ministre, les Sessions Pays ont donné corps à cette ambition. Du Cameroun à la République Démocratique du Congo, de la République Centrafricaine à la Côte d’Ivoire, du Congo au Gabon, du Sénégal à la Mauritanie, sans oublier les corridors économiques du Sahel (Niger- Mali-Burkina Faso), les échanges ont mis en évidence la diversité des trajectoires nationales et la convergence de nombreux besoins : infrastructures, énergie, connectivité, industrialisation, éducation, commerce et accès aux marchés. Une conviction s’en dégage : les opportunités nationales seront beaucoup plus puissantes lorsque nous saurons les inscrire dans des dynamiques régionales. Les corridors ne doivent pas être de simples lignes sur une carte. Ils doivent devenir des espaces économiques vivants, reliant les zones de production aux marchés, les ports aux bassins industriels, les entreprises aux chaînes d’approvisionnement et les populations aux opportunités.

Les sessions thématiques ont, elles aussi, abordé les conditions concrètes de cette transformation : infrastructures résilientes au changement climatique, accès à l’énergie et à l’eau, réduction des obstacles à l’investissement, préparation des projets, développement urbain, partenariats entre PME britanniques et africaines, transformation des minerais et modernisation des réseaux de transport.

La Deal Room consacrée à la préparation et à la bancabilité des projets a rappelé une exigence essentielle : entre une ambition nationale et un investissement effectivement réalisé, il existe un travail déterminant de préparation technique, financière, juridique et institutionnelle. Un projet annoncé n’est pas encore un projet financé. Un projet financé n’est pas encore un projet livré. Et un projet livré n’est n’est pas encore réussi tant qu’il ne produit pas les bénéfices économiques et sociaux attendus. C’est cette discipline d’exécution que nous devons collectivement renforcer.

Un moment fort de notre réflexion commune a également été la discussion de haut niveau intitulée “ Go Far, Go Together “. Je tiens à saluer les contributions de Dr Karamo Kaba, Gouverneur de la Banque centrale de la République de Guinée, de Monsieur Tim Reid, Directeur général de UK Export Finance, de Dr George Donkor, Président de la BIDC, de Dr Abdul Kamara, Vice-Président par intérim de la Banque africaine de développement, de Monsieur Sijh Diagne, Conseiller en investissement pour l’Afrique à la DFC américaine, ainsi que la modération de Monsieur Steve Gray OBE, Directeur Afrique de l’Ouest et du Centre de UK Export Finance.

La diversité de ces institutions a illustré une réalité fondamentale : aucun acteur, à lui seul, ne peut financer et réaliser toute l’ampleur de la transformation que nous ambitionnons. Aller loin ensemble, ce n’est pas simplement réunir davantage de partenaires. C’est organiser leurs complémentarités autour d’objectifs communs et de résultats mesurables.

À l’issue de ce Forum, le ministre a proposé trois engagements pour la suite. Premièrement, transformer les échanges en projets concrets : identifier les opportunités prioritaires, préciser les responsabilités et faire progresser les projets vers la bancabilité et le financement.

Deuxièmement, faire du partenariat Royaume-Uni–Afrique un partenariat de capacités : favoriser le transfert de technologies, le développement des compétences, la participation des entreprises locales et la création de valeur dans nos économies.

Troisièmement, inscrire les projets dans une ambition régionale : renforcer les corridors, les chaînes d’approvisionnement et les complémentarités économiques qui permettront à nos pays de développer leurs marchés et leur compétitivité.

Pour la Guinée, ces engagements s’inscrivent pleinement dans Simandou 2040. Nous sommes prêts à travailler avec nos partenaires pour faire émerger des investissements structurants, soutenir notre secteur privé et bâtir une économie qui transforme ses ressources en opportunités pour sa population. Nous ne recherchons pas uniquement des volumes de capitaux. Nous recherchons du capital qui crée de la capacité. Pour nous, le financement est un moyen, la capacité productive est notre objectif, la transformation économique est notre ambition, et la prospérité de nos peuples est notre finalité. A rappelé le chef de la Coopération.

À cet égard, deux annonces majeures donnent à cette édition de WCAF une portée toute particulière. La première concerne la Guinée. Le Royaume-Uni a annoncé une augmentation significative de son ambition d’investissement dans notre pays, faisant passer l’enveloppe de référence de 1,8 milliard à 2,7 milliards de livres sterling. Cette progression constitue un signal de confiance important dans les perspectives économiques de la Guinée et dans les opportunités offertes par notre programme de transformation nationale. Nous y voyons une perspective renforcée de coopération économique et une responsabilité accrue de transformer cette ambition d’investissement en projets concrets, en capacités productives, en transferts de compétences, en opportunités pour les entreprises guinéennes et en emplois pour notre jeunesse. La deuxième annonce majeure est la signature d’un accord-cadre stratégique de partenariat entre la Banque africaine de développement et UK Export Finance. Cette initiative ouvre une perspective particulièrement prometteuse et traduit la volonté de rapprocher les capacités de financement et d’accompagnement du continent africain des instruments britanniques de financement des exportations, afin de soutenir davantage de projets structurants. L’enjeu est clair : faire converger les financements, les expertises et les capacités d’exécution autour de projets qui transforment réellement nos économies. Ces deux annonces illustrent précisément ce que nous souhaitons construire : un partenariat qui dépasse les intentions, rapproche les moyens des besoins et fait de l’investissement un levier de transformation.

Mohamed Keita